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 nuit blanche. (LOUISA)

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MessageSujet: nuit blanche. (LOUISA)   Ven 26 Mai - 1:35

Tout s'agite sous les néons les paillettes et l'ivresse artificielle. Mes bras agrippent et relâchent machinalement les sources d'enivrement. Quelques cons repartent avec un rictus et un peu de ma salive dans leur boisson. Les putes essaient d'enfoncer leur poitrine sur le comptoir pour gratter quelques verres - elles ne gagnent que mon ignorance. La soirée m'agrippe et me tire dans l'ennui ; la routine me chie à la gueule et ça m'emmerde.

Comme Louisa.

Cette conne, tellement chiante qu'elle scintille au fond de chaque boisson versée. Pute. Tu peux pas t'en aller hein ? Toujours là à foutre ta sale gueule sous mes yeux. Garce qui s'amuse à me narguer ; tout ça car mon pari commence à avoir le goût de la défaite.

T'es pas de ce monde.

Toi, tu suces la pudeur et tu ouvres tes cuisses qu'à la bienséance. Quel gâchis, j'me dis parfois. Une grande bouche qui ne sert qu'à parler ; triste vie.

Mes yeux sont à la recherche du prochain client, lorsque je te vois. Pute parmi les putes. Salope parmi les salopes. Cachée par une imbécile qui essaie d'attirer mon attention pour un verre, t'es un peu plus loin - au fond, j'dirais même. Tu sembles chercher quelqu'un du regard, complètement perdue dans un univers qui ne t'appartient pas.

Je le vois.
Ton moment de faiblesse.

- Hey... J'dois aller pisser. Tu peux gérer ?


Mon collègue - dont j'ai oublié le prénom - me répond d'un geste de la tête, quelque peu énervé ; il sait très bien que j'vais pas revenir avant un moment.

La routine, comme j'disais.

Le pas assuré, j'arrive devant la gamine et me pose à côté d'elle. Le sourire carnassier et le ton assuré, j'lui balance:

- Que vient faire Sainte Marie ici ? Ne me dis pas que t'as un rendez-vous avec un mec... Parce que si c'est ça, ce serait trop triste que ta première fois se fasse aux chiottes. Quoique... Vu ton âge, dans tous les cas, c'est déjà trop triste.

Putain qu'est-ce que je suis con.
L'amertume qui rattrape tout.
J'suis pas prêt de la baiser.
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MessageSujet: Re: nuit blanche. (LOUISA)   Dim 28 Mai - 23:32

Nos vieilles tendresses


Ernest Beau m'a donné rendez-vous dans un bar. Je rejoins mon nouveau client à une table, et une coupe de champagne m'y attend. Il me parle de son entreprise florissante, de gestion budgétaire, de marges annuelles. Je respire.
Les yeux d'Ernest Beau se promènent entre les néons et les chaises bicolores, sans jamais se heurter aux miens.
Nous avons continué une demi-heure comme ça. Ernest Beau est un fabuleux acrobate qui souffle sur mes sourires fanés, mes battements de cœur furieux, et mes lèvres jamais caressées.
Il a l'air gentil garçon.

Il se lève, dit qu'il revient dans dix minutes, et s'éclipse par la porte d'entrée.
Qu'est-ce que je fais là ? Le corps embrasé par un vulgaire fils à papa, qui ne me voit pas. Je regarde ma montre, cinq minutes déjà, peut-être qu'il ne reviendra pas.

Dorian Wolff est un con.
Je ne l'avais pas vu avant qu'il ne vienne m'humilier en me parlant de ma virginité. Je vais tuer Dane.
Dorian Wolff est un gros con.
Ce garçon ressemble à un orage. On ne voit que lui. Dans la violence de ses mains qui attrapent les verres. Dans le décor plein de joues écarlates et d'épaules dénudées. Dans la tendresse. Dans la brutalité qui piétine ma réalité.

- Tu n'as pas vu l'homme qui était assis avec moi ? Ernest est mon fiancé. Ça fait trois ans qu'on est ensemble. Dane ne t'a pas dit ?

La colère grimpe dans ma gorge, grandit sur ma peau nue, sur mes joues, et puis dans mes yeux, qu'elle fait briller.
Quelquefois, je me perds. Entre les petits riens et les pulsions acharnées. Entre les cafés amers et la tiédeur du crépuscule. Il faudrait imprimer le relief du cœur, et le greffer aux lèvres de Dorian Wolff, pour qu'il apprenne à s'aimer.
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MessageSujet: Re: nuit blanche. (LOUISA)   Sam 3 Juin - 23:41

Le mensonge semble lui caresser le palais et je le bois comme un nectar ; obligée de se souiller pour pouvoir me provoquer. Mes lèvres s'étirent en un rire sonore qui viendrait presque recouvrir la musique assourdissante des lieux. Machinalement, je viens chercher une cigarette dans ma poche pour ensuite articuler :

- Et tu viens voir ton fiancé ici ? Ben putain, pauvre fille. J'suis sûr qu'il est en train de sauter une salope en ce moment même. Alors soit tu restes ici comme une conne à attendre ton chéri, soit tu sors avec moi le temps que je m'en grille une. Et si t'es sage je te passerai même peut-être une clope.

Mes yeux essaient de creuser ses traits tirés par la fatigue et l'ennui. Chaque parcelle de son épiderme est un échos à ce qu'elle est : d'une tiédeur inégalable. Tout dans sa vie n'est que maîtrise dégueulasse ; chiantise éternelle. Rien n'est trop avec elle, il n'y a que du moyen. Que de la norme.

Sauf son regard lorsqu'elle essaie de s'enflammer.
Sauf ce qu'elle provoque en moi.
Fulminante rage envers cette supposée vierge que j'aimerais juste baiser.
Embrasser.
Oublier.

Ne surtout pas apprécier.
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MessageSujet: Re: nuit blanche. (LOUISA)   Ven 16 Juin - 0:07

Ivresse


Je guette Ernest Beau, sur la terrasse, mais je ne vois rien, pas même sa silhouette. J'inspire profondément, en un instant, il n'y a plus que la lumière désabusée et l'ivresse mélancolique, les vieilles beautés séparées, les vraies âmes à la fois infiniment brillantes et tendrement cassées - amoureuse pour quelques heures d'un trompe-l’œil, à bout de nerfs.

Dorian et ses mots aigus s'impriment sur ma peau, je vois tellement de vie dans ses yeux, retour en arrière, Dorian et sa gueule de voyou mettent une virgule entre l'une et l'autre seconde, se faufilent à l'intérieur, jusqu'à étourdir en un seul coup d’œil ce petit bout de moi, et ils font mourir les nuits fissurées, les nuits d'orage, les nuits inertes, les nuits de travers.

- Mais t'es jaloux en fait ? J'y crois pas, Dorian Wolff rêve d'un pavillon, d'une jolie femme et d'un gros chien. Peut-être même d'un gosse ou deux. C'est un gars bien, Ernest, tu sais, pas comme toi. Mais vas-y, on sort, que j'assiste à ton cramage de poumons en direct.

Dorian se lève et je le suis, alors que la lucidité me crie, me pleure, de faire trois pas en arrière et de fuir loin de Wolff et de ce grand désordre.
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